Contre-tarifs: une approche déjà essayée qui n’a fait que nous nuire, rappelle l’IEDM

- L’augmentation du tarif douanier canadien moyen a avoisiné les 20 pour cent de 1928 à 1933.
Montréal, le 3 septembre 2026 – Le Canada a déjà essayé d’imposer des contre-tarifs aux États-Unis par le passé, mais ceux-ci n’ont pas eu d’incidence sur la politique commerciale américaine, rappelle l’IEDM dans un Point diffusé ce matin.
« Dans les années 1930, le gouvernement canadien avait tenté de combattre le protectionnisme américain en imposant ses propres tarifs », explique Vincent Geloso, économiste senior à l’IEDM et auteur de la publication. « Résultat : la Grande Dépression s’est aggravée au Canada, sans que les politiques protectionnistes américaines aient changé d’un iota. »
Des contre-tarifs politiquement inefficaces
Dans le cadre des débats au congrès américain sur la loi Smoot-Hawley Tariff Act de 1930, le gouvernement canadien avait fréquemment averti les Américains que son adoption risquerait de mener à une réplique tarifaire canadienne.
À la suite de l’adoption de cette loi en 1930, le gouvernement canadien a répliqué en effectuant la plus importante hausse de tarifs, les augmentant sur des produits qui représentaient environ 30 pour cent des importations canadiennes de produits américains.
Entre 1928 et 1933, le tarif douanier canadien moyen a crû d’environ 20 pour cent.
Ces contre-tarifs n’ont eu aucun effet sur la politique commerciale américaine, qui est restée inchangée jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle administration plus favorable au libre-échange, en 1932. Cela a mené à l’adoption de la loi sur les accords commerciaux réciproques de 1934, puis à la conclusion d’un accord commercial avec le Canada en 1935.
Les contre-tarifs ont cependant nui à l’économie canadienne. On estime que la chute de la valeur des produits échangés et la rigidité des politiques salariales domestiques ont contribué à près de la moitié de la contraction économique observée au Canada au cours de la Grande Dépression.
« En imposant des contre-tarifs, le gouvernement canadien venait essentiellement de hausser les taxes à une période où notre économie était particulièrement vulnérable », explique M. Geloso. « Cette taxe a fait monter les prix alors que les moyens des familles et des entreprises étaient restreints, ce qui a amplifié la crise. »
Des contre-tarifs qui limitent notre croissance
L’économiste rappelle que les tarifs et les contre-tarifs ont le même effet, c’est-à-dire qu’ils taxent les importations.
Il explique que cela nuit à notre croissance économique de deux façons.
D’abord, cette taxe sur les importations a pour conséquence de faire grimper le prix des intrants importés dont nos entreprises dépendent, ce qui réduit leur compétitivité sur les marchés internationaux.
Ensuite, l’adoption de politiques protectionnistes – même si elle est faite en réponse au protectionnisme d’autrui – fait changer de cap les entreprises favorisées. En effet, celles-ci réaffectent leurs ressources pour conserver leur protection politique au lieu d’investir dans l’accroissement de leur productivité. C’est ce qu’on appelle la « recherche de rentes » en économie.
« La poignée d’entreprises bénéficiant de la protection d’un tarif douanier finit trop souvent par faire pression pour maintenir cette protection », explique M. Geloso. « Le résultat est qu’on oublie pourquoi un contre-tarif a été appliqué et qu’on finit par le conserver, ce qui rend sa nuisance permanente.
« Ce n’est pas en sombrant à notre tour dans le protectionnisme à la sauce Trump qu’on réussira à protéger la liberté de commerce. »
Vous pouvez consulter le Point de l’IEDM en cliquant ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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