Consultations sur le budget fédéral: Ottawa doit limiter ses dépenses et prioriser la croissance économique, selon l’IEDM

Montréal, le 7 août 2025 – À l’occasion des consultations tenues par Ottawa en vue du dépôt du prochain budget fédéral, l’IEDM exhorte le gouvernement à changer de cap en sabrant les dépenses, en revoyant certains nouveaux programmes coûteux et en réduisant le fardeau réglementaire qui pèse sur l’économie.
« L’économie canadienne stagne, et les perspectives financières sont sombres », observe Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM. « La dette publique, c’est bien plus que de simples chiffres; c’est une dette contractée en notre nom, qui vient ajouter de la pression sur les familles déjà ébranlées par l’inflation des dernières années. »
L’administration précédente, n’ayant pas réussi à atteindre l’équilibre budgétaire dans ses neuf années au pouvoir, nous a légué une dette nationale de 1400 milliards de dollars. L’Institut C.D. Howe prévoit que le déficit du Canada pourrait atteindre 92 milliards de dollars pour l’année budgétaire 2025-2026, soit le premier budget du Premier ministre Mark Carney.
Bien que le gouvernement actuel se soit engagé à diminuer les dépenses de programmes de 15 pour cent au cours de l’exercice 2028-2029 (après des compressions de 7,5 pour cent et de 10 pour cent les deux années précédentes) en réduisant la taille des ministères et en éliminant les sources d’inefficacité, l’IEDM ne s’attend pas à ce que ces mesures aboutissent à une baisse des dépenses totales pour le moment. Un examen approfondi de la bureaucratie et des programmes fédéraux est nécessaire pour revenir à de saines finances publiques.
Une réduction plus ambitieuse de 17,4 pour cent de la bureaucratie fédérale, suivant l’approche du gouvernement Chrétien dans les années 1990, permettrait de supprimer 64 000 postes et d’engendrer des économies annuelles de 10 milliards de dollars.
Le démantèlement de nouveaux programmes pourrait également permettre de réaliser des économies substantielles. Le régime fédéral de soins dentaires devrait coûter 13 milliards de dollars sur cinq ans, et le régime d’assurance médicaments, 13,4 milliards de dollars d’ici 2027-2028. Rappelons-nous que la santé relève principalement du champ de compétences provincial.
« Les excès du gouvernement, combinés à la surréglementation, contribuent à l’asphyxie de l’économie », explique M. Giguère. « Nous nous privons d’emplois, d’investissements et de revenus d’impôt. »
Entre 2006 et 2021, le nombre d’exigences réglementaires fédérales a crû de 37 pour cent, pour atteindre 320 000 au total. Statistique Canada estime que cette augmentation a réduit la croissance du PIB réel de 1,7 point de pourcentage; la croissance de l’emploi, de 1,3 point de pourcentage; et la croissance de la productivité du travail, de 0,4 point de pourcentage.
Si Ottawa avait maintenu les niveaux de réglementation de 2006, environ 10 pour cent plus d’entreprises auraient été fondées au Canada en 2021.
La réglementation des principaux secteurs canadiens devrait également être revue, selon le think tank.
Le plafond d’émission qui sera imposé par Ottawa dans le secteur pétrolier et gazier à partir de l’an prochain vise à réduire les émissions de ce secteur de 35 pour cent par rapport à 2019. Mais des rapports de Deloitte et du directeur parlementaire du budget (DPB) confirment que, dans les faits, cette mesure aura plutôt l’effet d’un plafond de production.
Deloitte estime que d’ici 2040, ce règlement aura entraîné une diminution d’un pour cent du PIB du Canada, ce qui représente une perte de 34,5 milliards en dollars constants de 2017, et aura coûté 112 900 emplois.
Le DPB prévoit quant à lui que pour atteindre l’objectif d’Ottawa en matière d’émissions, le secteur pétrolier et gazier devrait réduire de 4,9 pour cent sa production par rapport aux prévisions actuelles pour la période 2030-2032.
Le Canada possède la quatrième réserve de gaz naturel en importance au monde et en est le troisième exportateur. Le pétrole et le gaz représentent plus de sept pour cent du PIB national.
« Nous conseillons à Ottawa de laisser libre cours à l’économie », fait valoir M. Giguère. « La stagnation de notre niveau de vie est la preuve que l’expansion du gouvernement dans toutes les directions n’ouvre pas la voie à la prospérité économique et que la situation s’aggravera si les choses ne changent pas. »
La proposition prébudgétaire de l’IEDM est accessible ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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