Observations spontanées

Censure et violence : le modus operandi des régimes totalitaires en temps de crise

Il était fascinant de lire dans les pages de La Presse cette semaine un professeur d’une université kazakh défendre les vertus des régimes autoritaires en temps de crise. Son analyse prenait exemple, évidemment, sur la Chine et les mesures que son gouvernement communiste totalitaire a prises pour limiter la propagation de la COVID-19, un mois après l’éclosion des premiers cas dans la province de Wuhan.

À priori la réaction chinoise peut sembler avoir été rapide, transparente et mesurée, mais au fur et à mesure, les récits qui percolent au grand jour nous rappellent la vraie nature des autorités chinoises et les tactiques douteuses qu’elles emploient en temps de crise : censure et violence. Rappelons une chose : les régimes totalitaires n’aiment pas mal paraître.

Prenons le triste exemple du Dr Li Wenliang, médecin chinois qui fut l’un des premiers à sonner l’alarme sur l’apparition du virus dans la ville de Wuhan. Malheureusement décédé du virus, Li Wenliang avait d’abord été arrêté, questionné et forcé de se rétracter publiquement quant à l’éclosion d’une nouvelle souche de coronavirus. Pourquoi? Parce que le Dr Li avait eu le malheur d’alerter des collègues, amis et son réseau de contact en ligne de la situation à Wuhan. Selon les autorités de la santé publique, ce qu’il affirmait n’était que « des rumeurs ». Encore aujourd’hui, la véritable histoire de Li Wenliang est censurée alors que le gouvernement a concocté sa propre version des faits, véhiculée par les médias d’État.

C’est sans parler des internements forcés dans des hôpitaux temporaires, de la violence aux barrages routiers ainsi que des maisons et complexes résidentiels barricadés de force. Certains diront que ces mesures étaient nécessaires, mais c’est faux. Une réponse rapide des autorités après les avertissements de médecins comme Li Wenliang aurait pu prévenir la propagation, sans recours à la violence – le meilleur exemple étant celui de Taïwan, qui ne compte aujourd’hui que 135 cas.

La Chine ne rapporte plus de nouveaux cas depuis des jours, mais entre vous et moi, qui croit toujours en l’honnêteté de ce régime totalitaire?

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