Communiqués de presse

Assurer la vitalité du français au Québec

Montréal, le 13 mai 2021 – Alors que les différents paliers de gouvernement intensifient leurs efforts pour promouvoir l’utilisation de la langue française, une analyse de l’histoire économique du Québec permet d’identifier les véritables conditions gagnantes pour favoriser la vitalité du français. Une publication lancée aujourd’hui par l’Institut économique de Montréal montre le lien important entre la prospérité des francophones et le niveau d’attractivité du français dans la province.

« Être en mesure de parler une langue supplémentaire est un facteur important d’un point de vue économique. Son effet sur les individus correspond à celui d’une année de scolarité supplémentaire, ce qui est considérable », fait valoir Vincent Geloso, chercheur associé à l’IEDM. « Ce que l’on observe, c’est que les nouveaux arrivants et les capitaux étrangers tendent à aller vers le groupe le plus prospère d’une population », poursuit l’économiste.

« Avant les années 1940, les Québécois francophones étaient en moyenne moins éduqués que les anglophones, ce qui faisait en sorte que les capitaux étrangers se dirigeaient vers la main‑d’œuvre anglophone plus éduquée et productive », explique Vincent Geloso. « Heureusement, les francophones ont connu un rattrapage important au cours des années et des décennies suivantes. Alors que le salaire d’un francophone représentait 73 % de celui d’un anglophone en 1941, l’écart s’est graduellement résorbé, puis est disparu à compter de l’an 2000 », affirme le chercheur.

« Au cours de cette période, les allophones se sont tournés de plus en plus vers le français et davantage d’anglophones ont également commencé à apprendre la langue de Molière. Entre 1951 et 1971, l’utilisation du français chez les non-francophones a augmenté de dix points de pourcentage, et les choses ont continué à progresser à un rythme similaire par la suite », fait valoir Vincent Geloso. « Il est clair que la loi 101 a eu un effet, mais force est d’admettre que la situation s’améliorait déjà bien avant qu’elle ne soit instituée », rappelle l’auteur de la publication.

« Nous sommes en droit de nous interroger sur l’efficacité des mesures coercitives additionnelles mises en place par le gouvernement du Québec. Si le passé est garant de l’avenir, c’est plutôt en favorisant la prospérité des Québécois et des Québécoises francophones que l’on assurera la vitalité du français. Un bon point de départ serait de lutter contre le décrochage scolaire, qui affecte toujours davantage les francophones que les anglophones », conclut l’économiste.

La Note économique intitulée « Protéger le français autrement » est disponible sur notre site Web.

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L’Institut économique de Montréal est un think tank indépendant sur les politiques publiques. Par ses publications, ses apparitions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes des politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et sur l’entrepreneuriat.

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Demandes d’entrevue : Marie-Eve McNicoll, conseillère en communications, Cell. : 581-777-5060, courriel : memcnicoll@iedm.org

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