Assurance privée et pratique mixte: le Canada interdit les solutions qui améliorent l’accès aux soins

- Au Canada, 1,4 million de procédures étaient toujours en attente en 2025.
- En Australie, près de 45 pour cent de la population détient une assurance privée duplicative.
Montréal, le 2 juillet 2026 – Le Canada est l’un des pays qui dépensent le plus en santé au monde, mais ses patients subissent parmi les plus longs délais d’attente pour se faire soigner. Pourtant, des solutions existent, mais le Canada refuse de les appliquer, soutient un chercheur de l’IEDM dans une Note économique publiée ce matin.
« Malgré les sommes colossales que nous investissons dans nos systèmes de santé, les Canadiens peinent toujours à obtenir les soins dont ils ont besoin dans un délai raisonnable », affirme Conrad Eder, chercheur associé à l’IEDM et auteur de l’étude. « Nous devrions importer des solutions qui ont fait leurs preuves, comme les modèles australiens et danois d’assurance duplicative, afin de rendre les soins plus accessibles ici, qu’ils soient privés ou publics. »
Un système qui échoue malgré des dépenses record
Les Canadiens dépensent en moyenne 9 626 $ par année en santé, lorsqu’on considère leurs dépenses personnelles ainsi que les impôts payés. Cela fait de nous les huitièmes plus dépensiers en santé au sein de l’OCDE – ex aequo avec la Nouvelle-Zélande.
Malgré ces dépenses élevées, les Canadiens peinent à accéder aux soins de santé. L’an dernier, 1,4 million de patients étaient toujours en attente d’une procédure, selon des données compilées par l’Institut Fraser.
Le délai moyen entre une référence et un traitement atteint 28,6 semaines dans le pays. Des données obtenues issues de demandes d’accès aux documents indiquent que 23 746 patients sont décédés en attente de soins en 2025.
Des exemples qui fonctionnent : l’Australie et le Danemark
Des pays comparables au Canada ont pourtant démontré qu’une meilleure flexibilité des soins permet d’obtenir des résultats bénéfiques pour les patients, explique le chercheur.
« En autorisant l’assurance duplicative, l’Australie et le Danemark ont réduit les barrières financières à l’accès au réseau privé, ce qui a permis au secteur privé de venir en aide au système de l’État », explique M. Eder. « Cela permet d’accroître la capacité de traitement des systèmes de santé locaux, au bénéfice de l’ensemble des patients. »
Concrètement, l’assurance privée duplicative fonctionne comme n’importe quelle autre assurance collective. Le patient paye une prime et le régime d’assurance couvre les soins en fonction du contrat d’assurance qui le lie au patient. Ce qui la distingue, c’est qu’elle couvre des services déjà assurés par le régime public.
L’Australie et le Danemark ont tous deux des systèmes de santé universels et permettent tous deux l’assurance privée duplicative. En Australie, les primes mensuelles débutent à 84 dollars canadiens et au Danemark, à 65 dollars canadiens.
En Australie, près de 45 pour cent de la population détient une telle assurance. Les hôpitaux privés y ont accueilli 40 pour cent de toutes les admissions hospitalières en 2024. Une étude australienne identifie un léger effet de la souscription à l’assurance duplicative au sein de la population sur la réduction des temps d’attente dans les hôpitaux publics.
Au Danemark, le recours aux hôpitaux privés a coïncidé avec une réduction de 36,7 pour cent des délais d’attente pour les chirurgies. Dans les deux cas, la couverture universelle est demeurée.
Par ailleurs, les assurances collectives offertes par les employeurs ont réduit de 10 pour cent l’achalandage des hôpitaux publics par les assurés privés, allégeant ainsi la pression sur le système public.
« Permettre l’assurance privée duplicative et la pratique mixte comme c’est le cas en Australie et au Danemark, c’est la décision la plus simple que le Canada puisse prendre pour améliorer l’accès aux soins », souligne M. Eder. « D’autres pays l’ont fait, ça marche, et la couverture universelle est restée la même.
Pour un système de santé plus performant
Six provinces canadiennes interdisent, de facto, l’assurance privée duplicative pour les services médicalement nécessaires, à savoir la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard et le Québec.
Ces restrictions vont au-delà de ce qu’exige la Loi canadienne sur la santé, explique le chercheur. L’autorisation de ces assurances, jumelée à la pratique mixte, devrait devenir la norme plutôt que l’exception.
Au Danemark, les médecins en pratique mixte consacrent en moyenne 5,2 heures de soins par semaine sans réduire leurs engagements au sein du système public. Plus de médecins qui voient plus de patients, sans que ça coûte quoi que ce soit au système public.
« Le but n’est pas de remplacer le système public, mais de le compléter », conclut M. Eder. « Quand le privé et le public travaillent ensemble, ce sont plus de patients qui se font soigner, plus vite. C’est ça, un vrai système universel. »
Vous pouvez consulter la Note économique de l’IEDM en cliquant ici.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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