A220: Québec doit éviter de retomber dans le sophisme du coût irrécupérable, affirme l’IEDM

Montréal, le 14 juillet 2026 – Le gouvernement du Québec ne doit pas céder à la tentation de remettre des fonds dans le projet de l’Airbus A220, affirme l’IEDM en réaction à une annonce récente du ministre de l’Économie, Bernard Drainville.
« Les contribuables québécois ont déjà englouti 2,1 milliards de dollars dans l’A220, un projet qui a aujourd’hui une valeur comptable nulle », affirme Renaud Brossard, vice-président aux Communications à l’IEDM. « À deux reprises, le gouvernement caquiste est tombé dans le sophisme du coût irrécupérable, remettant de l’argent pour tenter de sauver sa mise. »
En économie, le sophisme du coût irrécupérable fait référence au réflexe de considérer les coûts déjà engrangés dans un projet, et donc irrécupérables, pour motiver l’injection de nouvel argent. Il est également connu sous le nom de « sophisme du Concorde ».
Le gouvernement du Québec avait misé 1,3 milliard de dollars sur le projet de l’A220 en 2015, alors qu’il était connu sous le nom de la CSeries de Bombardier.
En février 2022, le gouvernement Legault avait réinjecté 380 millions de dollars dans le programme de l’A220 en prétextant que cela lui permettrait de retarder la date de rachat de ses parts, dans l’espoir de récupérer l’investissement qu’il y a fait au fil des ans.
En juillet 2024, le gouvernement du Québec a injecté environ 410 millions de dollars sous le même prétexte, portant la mise totale du gouvernement du Québec sur le programme A220 d’Airbus à 2,1 milliards de dollars depuis 2015.
En février, lors de la publication de ses états financiers, Airbus estimait la valeur de la participation du gouvernement québécois au programme de l’A220 à zéro euro.
Malgré cela, le ministre de l’Économie, Bernard Drainville, affirmait hier que son gouvernement serait prêt à remettre de l’argent dans le programme de l’A220, si Airbus était prêt à le développer davantage.
« Le gouvernement aura beau tenter de nous convaincre que cette fois ce sera différent, force est de constater que les trois dernières mises ne valent plus rien », ajoute M. Brossard. « À un moment donné, il faudrait que Québec réalise qu’il est en train de mettre du bon argent pour sauver une mise qu’il a déjà perdue. »
L’IEDM rappelait la semaine dernière que les subventions aux entreprises ont crû de près de 50 pour cent depuis l’entrée en poste du gouvernement caquiste. En 2024, elles ont coûté 945 $ par Québécois.
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L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, à Ottawa et à Calgary. Par ses publications, ses interventions dans les médias et ses services consultatifs aux décideurs politiques, l’IEDM stimule les débats et les réformes en matière de politiques publiques en se basant sur les principes établis de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.
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