Santé

Pour nos aînés, visons plus haut que de «meilleures» patates pilées

La gastronomie des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) est au menu ces temps-ci, c’est le moins que l’on puisse dire ! Mais quelques jours avant le show culinaire du ministre de la santé, il se tenait à Montréal le Forum sur « les meilleures pratiques en CHSLD » regroupant une foule de spécialistes pour proposer des solutions afin d’améliorer la vie des résidants dans ces centres.

Présent au forum, le président du Conseil pour la protection des malades, Me Paul Brunet, a déploré au 98,5 FM que l’opinion des malades, elle, ne semblait pas être une préoccupation.

Pourtant, on entend souvent de la bouche des élus que « les patients doivent être au centre des préoccupations »… Il s’agit d’une belle formule, mais dans la réalité ce sont les bureaucrates, les syndicats, le ministre et les sous-ministres qui décident. Les décisions sont prises en haut de la pyramide sans tenir compte plus qu’il ne faut des gens sur le plancher.

La raison ne devrait surprendre personne : la santé au Québec et au Canada, c’est un monopole. Dans lequel les usagers sont une dépense, et où les incitations à changer et à s’adapter sont absentes. Pour avoir les bonnes incitations, il faut changer la nature du système. Il faut briser le monopole et ajouter de la concurrence dans notre système de santé si on veut que les patients soient réellement au centre des préoccupations.

L’IEDM a publié un Cahier de recherche sur la santé en 2015, dans lequel un chapitre porte justement sur les centres privés de soins de longue durée. La conclusion : l’expérience et les études montrent que les services offerts par les établissements privés aux personnes âgées en lourde perte d’autonomie sont globalement de meilleure qualité que ceux fournis par les CHSLD publics.

Au Québec, parmi l’ensemble des places d’hébergement pour personnes âgées au Québec, environ 70 % sont offertes par des résidences privées. La majorité de la clientèle est autonome ou en légère perte d’autonomie. Au lieu de penser que ces fournisseurs privés vont exploiter la vulnérabilité des personnes âgées en offrant des services de moindre qualité, ou qu’il faudrait encore plus de règlementations dans le public, pourquoi ne pas encourager encore plus de concurrence dans les soins de longue durée et ailleurs dans le système, et mettre en place des réformes faisant place au libre choix et à la concurrence dans la fourniture des services aux personnes âgées? C’est pourtant ce que font un grand nombre de pays développés, notamment en Europe.

Les études qui ont été menées dans certains de ces pays, notamment en Suède, montrent que la libéralisation du secteur des soins de longue durée a permis d’améliorer significativement la qualité des services.

Si on suivait cette voie, peut-être qu’on viserait une excellence dans le service à nos aînés qui dépasserait le stade de simplement améliorer le goût des patates pilées…

Jasmin Guénette est vice-président de l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

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