Fiscalité

Les Québécois majoritairement d’accord avec l’« austérité »

À écouter les centrales syndicales, le gouvernement libéral, dans sa tentative d’assainir les finances publiques du Québec, serait le diable en personne. Il agirait de façon purement « idéologique », et contre l’intérêt des Québécois.

Mais comme bien des choses que les syndicats disent, c’est complètement faux. 

Rappelez-vous il y a quelques mois, je vous parlais d’un sondage qui démontrait que les Québécois, en forte majorité, étaient en faveur de réduire les dépenses de l’État. Je me cite : « Les politiciens feraient bien de jeter un œil sur le dernier sondage Léger

Pour composer avec les finances publiques précaires de la province, 71 % des Québécois sondés privilégient de réduire les dépenses du gouvernement, tout en maintenant les taxes et impôts à leurs niveaux actuels. À l'opposé, seulement 5 % souhaitent l'inverse, soit d'augmenter les taxes et les impôts et de maintenir les dépenses à leurs niveaux actuels. 

Surtout : 80 % des Québécois sont favorables à un gel de l’embauche des fonctionnaires, et 84 % des Québécois sondés sont d'accord pour réduire de 3 % les dépenses de fonctionnement dans les administrations publiques. Comme le souligne Michel Hébert, c'est encore plus radical que ce que le PLQ propose! »

Qu’en est-il aujourd’hui, maintenant que le gouvernement a appliqué certaines mesures (relativement timides) en ce sens? Vendredi dernier, la firme Léger publiait un sondage selon lequel les Québécois sont en majorité d’accord avec six des sept mesures adoptées jusqu’ici par le gouvernement. Entre autres, 63 % des répondants disent être d’accord pour geler le salaire des employés de l’État pour les deux prochaines années.  

Dans les prochaines semaines et prochains mois, le message que vous entendrez des syndicats, et de certains journalistes, sera fort probablement encore une fois en contradiction avec l’opinion de l’ensemble des Québécois. Les sondages démontrent que ces derniers souhaitent qu’on réduise les dépenses, après trop d’années où l’État a joué au Père Noël.

Les centrales syndicales auront beau faire un gros show de boucane – et dieu sait qu’ils en ont les moyens, avec leur quelque 800 millions $ de revenus annuels par année –, mais il faudra se rappeler une chose: les syndicats ne représentent pas les Québécois. Ils ne représentent qu’eux-mêmes et leurs membres. Et leur demandes se trouvent à être, justement, aux antipodes de ce que souhaitent l’ensemble des contribuables québécois.

Michel Kelly-Gagnon est président et directeur général de l’Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

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