Dix chantiers pour Montréal – 9

 

Dix chantiers pour faire de Montréal une vraie métropole!

À un an des élections municipales à Montréal, l'Institut économique de Montréal lance un débat. L'IEDM propose aux Québécois une discussion autour d'idées de réformes qui pourraient être amorcées dès le premier mandat de la future équipe qui dirigera Montréal.

Ces idées ont été publiées et discutées dans le Journal de Montréal à partir du 1er novembre 2008.

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9. Attirer plus d’étudiants étrangers de haut calibre
par Marcel Boyer, vice-président et économiste en chef de l'IEDM

Montréal doit affirmer son caractère international en attirant les meilleurs étudiants universitaires étrangers. Pour inciter les universités à agir dans ce sens, il faut leur remettre la totalité des frais de scolarité des étudiants étrangers.

Les universités devraient démontrer leur excellence par leur capacité à recruter un plus grand nombre d’étudiants étrangers. Cela permettrait d’affirmer le caractère international de la métropole québécoise, de contribuer à son rayonnement et de rentabiliser les programmes et les installations universitaires. Actuellement, les étudiants étrangers apparaissent davantage comme une source de coûts que comme une source de bénéfices.

Il ne s‘agit pas simplement d’augmenter le nombre d’étudiants étrangers, ce qui reste un objectif globalement louable, mais d’augmenter le nombre d’étudiants qui constituent la clientèle cible des grandes universités internationales comparables lors de leur recrutement: les étudiants avec des résultats remarquables aux tests d’admission internationaux les plus exigeants (GRE, GMAT, TAGE MAGE, entre autres).

Pour atteindre ce résultat, Il faut inciter réellement les universités à être compétitives dans le recrutement des étudiants étrangers du meilleur niveau possible. Le gouvernement du Québec pourrait modifier le statut des étudiants étrangers ou le mode de financement pour les universités de la manière suivante: (1) déréglementer le montant des droits de scolarité pouvant être exigés des étudiants étrangers, (2) laisser aux universités la totalité des droits de scolarité payés par les étudiants étrangers et (3) compenser adéquatement les universités dans le cas où des ententes entre le Québec et des gouvernements étrangers permettent aux ressortissants de ces derniers pays de payer des frais inférieurs à ceux fixés par l’université.

Ces changements inciteraient les universités montréalaises à recruter un nombre plus important d’étudiants internationaux satisfaisant aux critères d’admission des meilleures universités internationales comparables puisqu’ils représenteraient désormais une source de revenus supplémentaires. Mais pour y arriver, nos universités devront démontrer qu’elles sont effectivement de qualité comparable ou supérieure.

Ces changements permettraient également d’identifier les programmes d’étude pour lesquels la demande est la plus importante dans chaque université, ce qui contribuerait à inciter les universités à se spécialiser dans quelques domaines et à développer des programmes novateurs.

Ces changements devraient également être accompagnés d’une bonification des programmes réciproques d’échange entre la Francophonie et le Québec pour les étendre à l’ensemble des pays, y compris les pays anglophones. À terme, cette réforme universitaire permettrait de multiplier les relations professionnelles et d’affaires à l’international et d’assurer le maintien et le développement de programmes de recherche de pointe.

Les universités devront également, pour augmenter leurs chances de réussite, créer des alliances particulières d’abord avec des bureaux ou des firmes spécialisées dans le recrutement et l’encadrement d’étudiants étrangers, en particulier pour ceux dont la maîtrise du français ou de l’anglais est insuffisante, et ensuite avec des familles d’accueil ou de contact permettant aux étudiants de mieux s’intégrer à la communauté québécoise.

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