Textes d'opinion

Bravo aux cols bleus de Gatineau, et bravo à la CSN!

À Gatineau, la Ville a commandé une étude pour évaluer le coût du travail des cols bleus, afin de savoir si les travaux effectués par ceux-ci pour des activités comme le déneigement et l’entretien des rues seraient moins chers s'ils étaient réalisés par des sous-traitants privés.

Sauf que le syndicat ne s’inquiète pas. Et les cols bleus se disent même convaincus de pouvoir concurrencer le secteur privé en terme de coûts! « On est confiants d’être capables, si jamais ça arrivait qu’on était plus cher que le privé, de trouver des solutions, d’améliorer nos façons de faire […] d’être capables de concurrencer le privé, sinon d’être meilleurs », dit le président des cols bleus, M. Denis Savard, dans l’article.

Je dis bravo au président des cols bleus de Gatineau pour son attitude constructive plutôt que de jouer les dinosaures protectionnistes.

Rappelons que dans plusieurs villes américaines, quand on avait mis sur pied un processus d’appels d’offres entre les cols bleus des villes et de firmes privées, ce sont les cols bleus qui ont souvent gagné ceux-ci.

À Indianapolis, entre autres, la Ville avait décidé de lancer des appels d’offres, tous les cinq ans, pour l’entretien d’une partie des rues de la ville. On donnait le contrat au groupe offrant le meilleur rapport qualité-prix, et les syndiqués pouvaient soumissionner eux aussi. Et justement, les employés de la Ville ont présenté une soumission nettement inférieure à celle des firmes privés, et ont remporté le contrat.

Beaucoup pensent que je suis « en faveur du privé ». Ils se trompent totalement. En fait, je suis en faveur de la liberté de choix des consommateurs et de la libre concurrence entre les fournisseurs de service. Par ce processus de concurrence, on arrive parfois à établir que c’est l’entreprise privée qui offre le meilleur service ou meilleur coût, mais ce n’est pas nécessairement toujours le cas. L’important est retirer les barrières qui empêchent ou limitent cette concurrence plutôt que d’avoir un a priori idéologique en faveur du « privé » ou encore envers le « public ».

Notons par ailleurs que c’est la CSN qui semble défendre cette libre concurrence (et donc à terme la défense des contribuables) dans le dossier des appels d’offres pour les contrats d’hébergement pour aînés.

PS: En fait le seul « bogue » dans cette nouvelle, c’est quand on lit, à la fin de l’article: « Précisons que la Ville ne peut pas mettre à pied ses employés permanents si elle confie des travaux au secteur privé. »

Mais bon… c’est quand même une bonne opportunité de passer ce message.

Michel Kelly-Gagnon est président et directeur général de l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

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