Communiqués de presse

Il est temps de démystifier le système de santé américain selon l’Institut économique de Montréal

Montréal, 16 juin 2005 – En ouvrant la porte aux assurances santé privées, la décision récente de la Cour suprême a relancé un débat où le système américain sert souvent d’épouvantail. Dans une Note économique publiée aujourd’hui, l’Institut économique de Montréal se penche donc sur les principaux mythes associés au système de santé des États-Unis et montre que les problèmes dont souffre ce système sont bien plus liés aux effets pervers de la réglementation qu’au «capitalisme sauvage» qui règnerait dans ce marché.

Un grand nombre de non-assurés?

Premier mythe examiné par l’économiste Norma Kozhaya: celui du grand nombre de non-assurés qui n’auraient accès à aucun soin. Le nombre de non-assurés est élevé, 45 millions, mais il représente une minorité (15,6%) par rapport à la population totale de 288 millions d’habitants.

«Il s’agit bien souvent d’une situation temporaire causée par des changements d’emploi ou de situation familiale. Une portion non négligeable des non-assurés auraient par ailleurs les moyens financiers de se payer une assurance, mais choisissent volontairement de ne pas le faire.»

De plus, et contrairement à une idée répandue, même les non-assurés ont accès à des soins de santé gratuits offerts par les hôpitaux publics, centres de santé communautaires, hôpitaux universitaires, etc.

Un système entièrement privé?

Deuxième mythe démoli par l’auteure du document: celui d’un marché entièrement privé où règnerait le «capitalisme sauvage». Même si la plupart des établissements sont privés, il existe d’importants régimes publics d’assurance maladie: Medicare, pour les gens âgés de 65 ans et plus, et Medicaid, pour les gens à faible revenu.

D’après les données de l’OCDE, les dépenses publiques de santé par habitant sont d’ailleurs plus élevées aux États-Unis (2364 $) qu’au Canada (2048 $), et ce à parité de pouvoir d’achat. Parmi les 30 pays de l’OCDE, les États-Unis sont au neuvième rang (6,6%), juste derrière le Canada (6,7%), pour ce qui est du ratio de dépenses publiques de santé sur le PIB.

Effets pervers de la réglementation

Le marché américain des soins de santé est en fait lourdement réglementé. Cette réglementation est d’ailleurs en partie responsable des difficultés qu’éprouvent de nombreux Américains à se payer des assurances privées, dans la mesure où elle limite la mise en marché de polices d’assurance moins chères et plus accessibles.

«Le fait que les assurances comprennent peu de copaiements (frais fixes par service reçu) ou de coassurance (pourcentage du coût des services à la charge de l’assuré) explique aussi l’escalade des coûts de santé aux États-Unis», estime Mme Kozhaya.

Aux gouvernements qui auront la tâche d’appliquer le récent jugement de la Cour suprême, l’économiste recommande d’éviter les pièges dans lesquels sont tombées les autorités américaines dans la réglementation des assurances santé privées.

Intitulée Deux mythes sur le système de santé américain, cette Note économique est disponible sur le site de l’IEDM.

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Renseignements et demandes d’entrevues: Patrick Leblanc, Directeur des communications, Institut économique de Montréal, Tél.: (514) 273-0969 / Courriel: pleblanc@iedm.org

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