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Op-eds

Un budget de 450 dollars

Le gouvernement du Québec dépense beaucoup: 95,6 milliards de dollars l’an dernier. Il dépense 11 milliards de dollars de plus que s’il rejoignait la moyenne canadienne. Surtout, il dépense chaque année un peu plus que l’année précédente. Même le budget de cette semaine, qu’on qualifie de budget de la rigueur, prévoit qu’on va dépenser encore davantage qu’avant.

Sauf qu’on ne fera pas les fous, on ne va dépenser QUE 1,8 milliard de dollars de plus que l’an dernier, l’équivalent de 450 $ de plus par contribuable qui paie de l’impôt sur le revenu.

Bien sûr, on voudrait tous les meilleurs services, gratuits en plus. Sauf qu’en matière d’argent, ce sont des trous sans fond où on ajoute toujours plus de ressources sans véritablement arriver à de meilleurs résultats. Un exemple: le gouvernement dépense 500 millions de dollars de plus dans les garderies subventionnées qu’il y a quatre ans et le nombre de places ne suffit toujours pas à la demande. Sans parler du temps d’attente dans les hôpitaux, ni de la qualité de nos routes, etc.

Les dépenses : doit-on couper ou contrôler ?

Les syndicats ne veulent pas que l’on coupe dans les services publics. Ils ne veulent même pas revenir au déficit zéro l’an prochain selon les dires de l’Alliance sociale qu’ils ont formée. Cependant, le gouvernement ne coupe pas, il dépense plus! Moins en relations internationales et plus en santé, mais au total, ça coûte plus cher.

L’idée du ministre des Finances, c’est que si on augmente les dépenses plus lentement que les revenus, le déficit sera comblé dans deux ans. Et il a raison. Si les dépenses publiques avaient été contrôlées ces dix dernières années, devinez quoi, il n’y aurait pas de déficit. Il y aurait plutôt un surplus budgétaire de 15 milliards de dollars! C’est 3770 $ par contribuable!

Bref, simplement en limitant ses ardeurs, le gouvernement peut très bien redresser la situation sans même réduire ses dépenses. C’est ce qu’on nous promet dans le budget. Après bien des hausses de taxes et d’impôts (trois hausses sur le tabac en un an et demi), c’est au tour du gouvernement de faire son effort.

Dans deux ans…

Il demeure encore pertinent de rappeler une vérité toute simple: le déficit zéro est souhaitable parce qu’endetter toujours plus les générations futures est moralement inacceptable et économiquement suicidaire.

Ça semble abstrait, j’en conviens. Une autre façon plus immédiate de voir la chose, c’est que la dette pèse lourd, aujourd’hui et maintenant. En fait, il n’y aurait tout simplement pas de déficit si la dette du gouvernement était moins élevée du tiers.

Dans deux ans, quand le déficit zéro sera atteint, j’ose espérer que le gouvernement ne recommencera pas à dépenser goulûment, mais qu’il aura la discipline de diminuer la dette et de réduire nos impôts.

Dépenser davantage dans les services publics, ça plaît peut-être à certains. Mais personnellement, je sais ce que je ferais avec 450 $ de plus dans mon budget. Et vous?

Youri Chassin is an Economist and Research Director at the Montreal Economic Institute. The views reflected in this op-ed are his own. * This column was also published in Le Journal de Québec.

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