Capsules économiques

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100 000 000

Dans son récent discours du Trône, le premier ministre Justin Trudeau a réitéré son engagement de légaliser et d'encadrer la vente de marijuana récréative au Canada. Actuellement, le fait de posséder, cultiver ou vendre du cannabis est considéré comme illégal, sauf dans le cas d'une permission spéciale de Santé Canada. Des études démontrent, qu’il y aurait un certain nombre de bénéfices économiques à légaliser la marijuana. Au Colorado, où son commerce est légal depuis 2014, les ventes de cette substance dépassent les 100 millions de dollars par mois. Si le contexte légal était le même au Canada, qui compte près de sept fois plus d'habitants que le Colorado, l'État aurait pu, en théorie, obtenir des recettes de 871 millions $ pour l'année en cours.

50 %
En éducation, les fonds versés à tout le réseau, du préscolaire à l’université, ont augmenté de 50% depuis 2004. Les fonds consacrés à cette mission ont donc augmenté de plus de 4% par année en moyenne, soit plus du double de l’inflation (1,8%) et plus que le PIB (3,3%). Et cela, pendant que la fréquentation annuelle dans les établissements scolaires a fluctué de - 1 à + 2%. En tenant compte de l’inflation, les dépenses publiques totales par habitant ont augmenté de près de 35% entre la fin des années 1990 et aujourd’hui. L’État québécois n’est pas en voie d’être démantelé. Loin de là. Les ressources en éducation, entre autres, demeurent comparables ou supérieures à ce que l’on a pu connaître dans les années 90.
635 %
Les Canadiens qui se trouvent au bas de l’échelle des revenus n’y demeurent pas longtemps. En suivant les mêmes personnes, on constate que seulement 13 % de celles qui se trouvaient dans le quintile de revenus les plus faibles en 1990 – incluant des étudiants et jeunes adultes – s’y trouvaient toujours en 2009, selon une banque de données de Statistique Canada. En conséquence, le revenu annuel moyen des Canadiens qui se trouvaient dans ce quintile en 1990 est passé de 6000 $ à 44 100 $ en 2009 en dollars constants, une hausse moyenne de 635 %.
120 000 $
Malgré une baisse du taux de criminalité, les dépenses policières ont presque doublé au Canada depuis 25 ans. Une fois pris en compte le salaire, les avantages sociaux et les taxes sur la masse salariale, la rémunération globale d’un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’élève en moyenne à près de 120 000 $ par année, contre environ 40 000 $ pour un agent de sécurité privé au Québec. L’emploi du temps des policiers est submergé avec des tâches qui ne devraient logiquement pas être de leur ressort. En effet, environ 40% du temps des policiers patrouilleurs est consacré aux tâches administratives, selon une étude réalisée en Colombie-Britannique. Principalement pour rédiger des rapports. L’impartition de tâches policières auxiliaires présente une opportunité de réaliser des économies en réduisant les coûts unitaires de ces tâches. Le travail des policiers pourrait être recentré sur leurs fonctions essentielles et recourir à d’autres catégories de personnel pour les tâches auxiliaires ou administratives.
2 milliards
Les évaluations environnementales stratégiques, dont celle sur l’exploitation des hydrocarbures à l’île d’Anticosti, nous apprenaient la semaine dernière que l’ensemble des bénéfices pour l’État québécois de développer cette filière se situerait entre 46 et 48 milliards de dollars pour une exploitation étalée sur 75 ans. Cela équivaut à des revenus moyens pour le gouvernement de 570 millions de dollars par année, ce qui correspond pratiquement aux subventions en transport scolaire dans l’ensemble du Québec. Ce secteur pourrait ajouter 2 milliards de dollars à l’économie du Québec chaque année. Cette île longue de 217 km, située entre l’estuaire et le Golfe du St-Laurent, compte environ 210 habitants. Le taux de chômage, pratiquement nul durant la saison touristique, atteint environ 60% en hiver. L’exploitation d’une richesse abondante de l’île est une opportunité d’enrichir l’île, ses habitants et le Québec dans son ensemble.
2743 $

Au Québec, les étudiants inscrits au premier cycle ont payé des droits de scolarité moyens pour l’année universitaire 2014-2015 de 2743$. En comparaison, la moyenne canadienne se situe à 5959$. En Ontario, la facture s’élève à 7539$ par année. Par ailleurs, la contribution approximative des étudiants aux budgets des universités est inférieure au Québec (14,2%) que dans le reste du Canada (28%).

1 à 2°C
La Conférence de Paris s’ouvre aujourd’hui. Au cours des prochains jours, on négociera un accord qui fera suite à Kyoto. Le Protocole de Kyoto avait pour objectif de contraindre 37 pays développés et en transition à réduire leurs émissions de GES. Selon certaines études, les changements climatiques n’ont pas que des effets négatifs. Une augmentation du niveau de CO2 dans l’atmosphère réduit les besoins en eau des plantes, permettant ainsi une croissance plus rapide et une augmentation du rendement des cultures. Un autre exemple bénéfique est la diminution des coûts de chauffage et des problèmes de santé reliés au froid qui entraînent 17 fois plus de morts que ceux reliés à la chaleur. Certaines analyses coûts-bénéfices estiment qu’un réchauffement climatique de l’ordre de 1 à 2°C serait possiblement bénéfique pour l’humanité. À long terme, les effets négatifs d’un réchauffement supérieur à cet intervalle surpasseraient cependant les bienfaits qui y sont associés.
10 %
Angus Deaton, de l’Université de Princeton, a remporté la semaine dernière le prix Nobel d’économie de 2015 pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être. Il recevra une récompense de 1,6 million de dollars de la Fondation Nobel. Une partie de sa recherche consiste à rapprocher la microéconomie de l’étude des données statistiques. Il aide ainsi à développer les enquêtes auprès des ménages, la façon dont on récolte les données statistiques et la façon dont on mesure le bien-être économique en prenant en compte des différences profondes entre les pays. C’est grâce aux travaux de Deaton que l’on sait par exemple maintenant que le taux de pauvreté dans le monde chutera sous la barre des 10 % cette année. En 2012, c’était 13 % de la population mondiale qui souffrait d’extrême pauvreté, et en 1999, c’était 29 %! Au total, c’est 1 milliard de personnes qui ont été sorties de l’extrême pauvreté ces 20 dernières années.
7e
Les élèves canadiens font bonne figure dans les tests internationaux, avec des résultats au-dessus de la moyenne de l’OCDE dans les évaluations des acquis. Parmi 65 pays, le Canada se classe 14e en mathématiques, 10e en sciences, et 8e en lecture. Le Québec tire sa moyenne vers le haut en ce qui a trait à l’enseignement des mathématiques, où il obtient les mêmes résultats que le pays en 7e position. C’est la seule province à se situer au-dessus de la moyenne canadienne dans tous les types d’évaluations des acquis mathématiques. Les résultats des élèves québécois se situent dans la moyenne canadienne en lecture, alors qu’ils sont en dessous de la moyenne en sciences.
52 000
Les options en dehors du réseau public étant limitées, de plus en plus de Canadiens optent pour le tourisme médical. On estime que plus de 52 000 Canadiens ont choisi de débourser leur propre argent pour obtenir des services de santé à l’extérieur du pays en 2014. Le Canada figure d’ailleurs parmi les pays développés où les habitants dépensent les montants les plus élevés en tourisme médical. Ces dépenses ne cessent d’augmenter, ayant bondi de plus de 70% au cours de la première décennie des années 2000. Dans le contexte du vieillissement démographique actuel, on doit s’attendre à ce que de plus en plus de Canadiens aient besoin d’interventions chirurgicales, tels des remplacements de la hanche et du genou et l’extraction de cataractes, pour lesquels les délais d’attente dans le réseau public continuent de s’allonger.
1,3 %
Réduire les dépenses publiques fait croître l’économie. Les expériences d’autres pays confirment d’ailleurs cette thèse. Les pays de L’OCDE dont les gouvernements ont concentré leurs efforts pour revenir à l’équilibre budgétaire à 75 % sur la réduction des dépenses ont connu une croissance annuelle moyenne de 1,3 %. À l’inverse, ceux qui ont concentré leurs efforts à 75 % sur l’augmentation des revenus ont connu une contraction de leur économie de 0,4 % par année. Comme le Québec n’a pas connu de hausse spectaculaire de son déficit durant la crise de 2008-2009, les mesures de redressement budgétaires de la période 2009-2013 – marquées par des hausses de taxes et de dépenses – sont demeurées modestes par rapport à la taille de son économie.
0,1 %

Selon les données de Statistiques Canada, le produit intérieur brut (PIB) réel a diminué de 0,1 % au deuxième trimestre, après avoir connu une baisse de 0,2 % au premier trimestre. Contrairement à la croyance populaire, la définition officielle d’une récession que retient le Bureau national de recherche économique (National Bureau of Economic Research, NBER) n’est pas celle de la diminution du PIB pendant deux trimestres consécutifs. « Le NBER ne définit pas une récession comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB réel. Une récession est plutôt une baisse significative de l'activité économique répartie sur l’ensemble du territoire, durant plus que quelques mois, normalement visible en observant le PIB réel, le revenu réel, l’emploi, la production industrielle et les ventes dans le commerce de détail et de gros. » D’après cette définition, le Canada n’est pas en récession. Le déclin ne se propage pas à travers toute l'économie mais se concentre en Alberta, entraîné par le prix d'un seul bien, le pétrole. L'emploi n'a pas diminué de façon significative et la production industrielle et les ventes dans le commerce de gros ainsi que de détail sont toujours en croissance.

24 %

La Conférence de Paris s’ouvre dans moins 20 jours. Pour mesurer l’ampleur du défi de cette négociation internationale sur les changements climatiques. Il y a pratiquement 13 ans, en décembre 2002, le gouvernement canadien ratifiait le Protocole de Kyoto et s’imposait une réduction équivalente à 6% de ses GES par rapport à l'année 1990. À Paris, on négociera un accord qui fera suite à Kyoto. Le Protocole de Kyoto avait pour objectif de contraindre 37 pays développés et en transition à réduire leurs émissions de GES. Ces pays devaient réduire en moyenne leurs émissions de GES de 5,2 % par rapport à leurs niveaux de 1990. L’objectif du Canada, à 6 %, était donc un peu plus élevé. Le Canada n’a pas réduit ses émissions de 6%, mais celles-ci ont plutôt augmenté. Les émissions enregistrées entre 2008 et 2012 dépassaient la cible de Kyoto de 24%.

5

Les épargnes des Canadiens placés dans des fonds communs de placement, qui représentent 27,2 % de leurs investissements financiers, sont en effet taxées d’une façon inéquitable en comparaison des autres produits de placement. En raison de cette taxation unique aux fonds communs de placement, peu importe le montant investi, il faudra mettre 5 mois de plus à atteindre l’objectif pour un projet d’investissement qui aurait pris 25 ans sans taxes, 6 mois de plus pour un projet qui aurait pris 30 ans, et 9 mois de plus pour un projet de 40 ans. Pour compenser le manque à gagner, les épargnants sont donc obligés de contribuer plus, de se contenter de moins, ou de reporter leur retraite à plus tard.

9
Pour retrouver des finances publiques équilibrées, le gouvernement du Québec a considérablement augmenté le fardeau fiscal des Québécois ces dernières années. Or, comparé aux ménages des autres provinces, le pouvoir d’achat des ménages québécois est plus faible. Seule l’Île-du-Prince-Édouard possède un revenu disponible par habitant inférieur à celui du Québec, qui se classe donc au 9e rang en la matière. D’après les données de l’Institut de la statistique du Québec, il semble que le fardeau fiscal du Québec ait atteint un niveau tellement élevé qu’il exerce un effet négatif sur la croissance économique et sur le revenu disponible des particuliers.

L’IEDM dans les médias

Comment combattre la corruption ?
Texte d'opinion de Mathieu Bédard, économiste à l'IEDM, publié le 27 mai dans La Presse+.

France : pourquoi autant d’opposition à la loi Travail?
Billet de Mathieu Bédard, économiste à l'IEDM, publié le 27 mai sur le blogue de l'IEDM du Journal de Montréal.

Plusieurs groupes environnementaux proposent de réduire considérablement les activités forestières au Québec dans l’objectif présumé de protéger le caribou forestier. Dans le cadre de son programme de recherche sur la forêt québécoise, le vice-président de l'IEDM est allé à Baie-Comeau rencontrer des intervenants du milieu pour mieux comprendre la réalité sur le terrain et voir comment cohabitent le caribou et les travailleurs forestiers.

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