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Entrées en bourse : les Américains devraient s’inspirer du succès canadien

Montréal, 7 août 2019 – Les géants de l’économie collaborative comme Uber et Airbnb ont mis plus de dix ans avant de finalement faire leur entrée en bourse cette année; dans les années 1990, les entreprises Yahoo et Amazon n’ont eu besoin que de respectivement un et trois ans. Comme le montre une publication de l’IEDM lancée aujourd’hui, ces délais s’expliquent notamment par le fait que les États-Unis sont de plus en plus fermés aux petits investisseurs.

« Les marchés publics américains sont maintenant réservés aux plus riches. Ils sont devenus inaccessibles aux investisseurs qui n’ont pas le million de dollars requis pour qu’un gestionnaire de fonds de capital de risque daigne les rappeler », explique Peter St. Onge, économiste senior à l’IEDM et coauteur de la publication. « Les coûts de conformité et les risques sont devenus si important que cela exclut de facto les petites entreprises. »

En effet, l’inscription à la Bourse de croissance TSX peut coûter aussi peu que 50 000 $ et ne nécessite que des revenus annuels d’entreprise de 500 000 $. Les seuils américains sont plusieurs fois supérieurs.

Il n’est donc pas étonnant de constater que le nombre de sociétés américaines cotées en bourse a chuté environ de moitié depuis les années 1990, et de près d’un quart depuis l’entrée en vigueur en 2002 de loi Sarbanes-Oxley, qui a imposé des règles plus contraignantes sur la comptabilité et la transparence financière.

« Le Canada a su tirer son épingle du jeu après l’entrée en vigueur de la loi américaine, ayant lui-même instauré une réglementation beaucoup plus souple », renchérit Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l’IEDM et coauteur de l’étude. « Les inscriptions en bourse au Canada ont presque triplé l’année suivant cette importante réforme, et continué à grimper au cours de la décennie suivante. »

Ce déclin aux États-Unis se reflète à travers le monde des entreprises en démarrage. En 1996, les marchés publics étaient le principal débouché (70 %) pour les investisseurs en capital de risque. Aujourd’hui, environ 85 % de ces sorties sont réalisées via des fusions et des acquisitions.

Même si le Canada peut être fier de la prudence de ses organismes de réglementation, il reste encore beaucoup à faire. Depuis six ans, la tendance favorable s’est d’ailleurs inversée. Les coûts de conformité ont augmenté et les poursuites intentées par les actionnaires se sont multipliées.

« Le Canada ne doit certainement pas suivre les traces des Américains. Il doit plutôt améliorer son modèle d’entrée en bourse afin d’accroître les possibilités d’investissement pour tous les Canadiens et faciliter l’accès des jeunes entrepreneurs aux capitaux », conclut M. St. Onge.

Le Point intitulé « Le Canada, un exemple pour les entrées en bourse » est signé par Peter St. Onge, économiste senior à l’IEDM, et Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général à l’IEDM. Cette publication est disponible sur notre site.

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L'IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques. Par ses publications et ses interventions, l'IEDM alimente le débat sur les politiques publiques au Québec et à travers le Canada en proposant des réformes fondées sur les principes de l’économie de marché et de l'entrepreneuriat.

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Demandes d’entrevues : Pascale Déry, Vice-présidente, Communications et développement, IEDM. Tél. : 514-273-0969 p. 2233 / Cell. 514-502-6757 / courriel : pdery@iedm.org


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