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La centralisation en santé : un système qui échoue depuis trop longtemps

Montréal, le jeudi 13 juillet 2017 – L’approche centralisatrice du ministre québécois de la Santé Gaétan Barrette, qui s’exprime notamment dans le projet de loi 130 qu’il pilote et la crise au conseil d’administration du CUSM, est au cœur des problèmes récurrents qui affectent le système de santé québécois depuis trois décennies.

Tenter de planifier le développement du réseau de la santé et centraliser les décisions, comme le fait Québec, est en effet un modèle voué à l’échec et ne réglera pas les problèmes de temps d’attente, montre un Point publié aujourd’hui par l’IEDM.

« Le ministre Gaétan Barrette, malgré toute sa bonne volonté, ne peut connaître le nombre requis de futurs médecins une décennie à l’avance, les innombrables caractéristiques de la population desservie ou quelle maladie il faut soigner le plus souvent », souligne Germain Belzile, chercheur associé senior et auteur de la publication.

Dans un domaine aussi vaste que la santé, qui dessert huit millions de Québécois, il faudrait avoir en main une quantité énorme d’information pour planifier la production des soins. Or il est impossible pour des bureaucrates à la tête d’une organisation vaste et complexe de tout contrôler de façon efficiente. C’est ce qu’a démontré Friedrich Hayek (1899-1992), lauréat Nobel d’économie en 1974.

« Remarquez qu’il n’y a pas de longs délais d’attente pour voir un dentiste, un comptable ou un coiffeur, et très rarement des pénuries pour la plupart des biens et services. Pourquoi? Parce que ces domaines ne sont pas régis par une autorité quelconque qui tente de tout planifier, mais bien par le marché et par des milliers d’individus qui interagissent en fonction des signaux de prix », explique M. Belzile.

La planification centralisée oblige le planificateur à être omniscient s’il veut atteindre les objectifs qu’il se donne. Le marché, lui, ne nous oblige pas à tout connaître, mais demande seulement aux acteurs de réagir aux prix.

« Ce n’est pas un hasard si les systèmes de santé qui fonctionnent mieux que le nôtre, comme celui de la Suède, sont généralement plus décentralisés et concurrentiels. Cette décentralisation permet aux acteurs qui sont sur le terrain et qui voient les besoins, ainsi que la disponibilité des ressources, de prendre de meilleures décisions », ajoute M. Belzile.

Recourir davantage aux prix de marché ou à des modèles qui s’y apparentent comme mécanisme de coordination, par exemple en instaurant le financement à l’acte des hôpitaux, devrait être au centre des préoccupations du ministre s’il veut améliorer le sort des patients.

« Même dans un système de santé universel mixte où l’État finance la majeure partie des soins, il est possible d’éviter les principaux écueils de la planification centralisée. Si l’on se fie aux enseignements d’économistes comme Friedrich Hayek, au lieu de centraliser davantage la gestion pour résoudre les problèmes récurrents, comme c’est le cas actuellement au Québec, nous devrions faire le contraire. »

Tableau : Rapports, réformes et lois visant à régler les problèmes du système de santé, 1988-2017

1988 Rapport Rochon
1990 Réforme Côté
1991 Adoption de la Loi 120
1995 Virage ambulatoire
1998 Adoption de la Loi 404
1999 Rapport Arpin
2001 Rapport Clair
2002 Rapport Romanow (pancanadien)
2003 Adoption des Lois 25 et 30
2005 Arrêt Chaoulli - Adoption de la Loi 83
2006 Adoption de la Loi 33
2008 Rapport Castonguay
2014 Adoption de la Loi 10
2015 Adoption de la Loi 20
2017 Dépôt du projet de loi 130


Le Point intitulé « La centralisation en santé : une recette vouée à l’échec » est signé par Germain Belzile en collaboration avec Jasmin Guénette, respectivement chercheur associé senior et vice-président aux opérations de l’IEDM. Cette publication est disponible sur notre site.

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L’IEDM est un organisme de recherche et d’éducation indépendant, non partisan et sans but lucratif. Par ses études et ses conférences, l’IEDM alimente les débats sur les politiques publiques au Québec et partout au Canada en proposant des réformes créatrices de richesse et fondées sur des mécanismes de marché.

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Demandes d’entrevues : Pascale Déry, Vice-présidente, Communications et développement, IEDM. / Tél. : 514-273-0969 p. 2233 / Cell : 514-502-6757 / courriel : pdery@iedm.org


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