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Exporter l’eau: une source d’enrichissement pour le Québec

L’exportation d’eau douce à grande échelle constituerait une idée créatrice de richesse pour le Québec et le Canada. À l’heure où l’eau se fait rare dans plusieurs parties du monde, son développement économique suscite pourtant de l’opposition. Tandis que certains craignent une exploitation abusive, voire l’assèchement de nos ressources hydriques, l’auteur, Marcel Boyer, vice-président et économiste en chef de l’Institut économique de Montréal (IEDM), dans un Cahier de recherche publié par l’Institut, estime qu’il est urgent de s’intéresser sérieusement à la valorisation de notre or bleu. Il soutient que «le développement et la mise en marché de cette expertise nécessitent un plan stratégique afin de permettre au Québec de devenir un chef de file dans la gestion de l’eau. Le succès de ces marchés repose sur la capacité du gouvernement d’établir des droits d’utilisation de l’eau bien définis, transférables et incitatifs à la conservation de la ressource».

Le gouvernement pourrait définir le cadre réglementaire du commerce de l’eau, afin de sensibiliser les propriétaires ou les concessionnaires aux bénéfices et aux coûts associés aux différents usages de l’eau sous leur gouverne.

Ces restrictions devraient être accompagnées d’une tarification réaliste qui inciterait les consommateurs et les autres utilisateurs à utiliser la ressource de manière responsable et les producteurs entrepreneurs à assurer un approvisionnement stable. L’absence de prix et de marchés encourage le gaspillage, contribue au développement d’une économie moins efficace et maintient la population dans l’ignorance quant à la valeur de l’eau. Un premier pas pour renseigner la population serait d’établir précisément la quantité et la qualité de la ressource sur le territoire québécois, ce qui pourrait être réalisé par le Bureau québécois des connaissances sur l’eau, dont la création a été annoncée par la ministre Line Beauchamp il y a quelques mois.

Place privilégiée du Québec et du Canada

Le Canada possède la plus grande réserve d’eau douce du monde, soit 8% du stock mondial. Quant au Québec, il possède sur son territoire 3% de l’eau douce du globe, soit 13 fois plus d’eau douce renouvelable par habitant qu’aux États-Unis. Le Québec n’utilise que 0,5% de son eau douce renouvelable disponible, comparativement à 18,9% aux États-Unis. Une utilisation adéquate de ces ressources renouvelables n’aurait pas d’impact sur la réserve d’eau du Québec.

La quantité d’eau que nous pourrions exporter, sans mettre en danger l’environnement, permettrait de remplir près de 300 000 stades olympiques par an. Selon le ministère de l’Environnement, si le Québec fournissait à lui seul toute la production mondiale d’eau en bouteille – 154 milliards de litres en 2004, cela représenterait 1% des précipitations qui rechargent les nappes d’eau souterraines des zones habitées du Québec. Pourtant, 97% de la recharge naturelle des zones habitées n’est pas utilisée et se déverse donc dans les fleuves puis dans l’océan.

La valeur commerciale de l’eau et la rentabilité des investissements dans les infrastructures nécessaires à cette commercialisation seront ultimement déterminées par le coût de dessalement de l’eau de mer qu’on évalue actuellement à 0,65 $/m3. Le dessalement est une technologie polluante et coûteuse en énergie mais elle représente à terme la solution de rechange la plus probable à l’importation sur de longues distances.

Différents scénarios d’exportation d’eau font apparaître des possibilités de revenus beaucoup plus importants que ceux provenant de l’exportation d’énergie. Si le Québec exportait 10% de ses 1000 milliards de m3 d’eau douce renouvelable par an à un prix égal au coût actuel de dessalement de l’eau de mer, soit 0,65 $/m3, et si le gouvernement percevait 10% de cette somme en redevances, cela générerait des revenus de 6,5 milliards $ par an pour le gouvernement, soit 5 fois plus que le dividende versé par Hydro-Québec.

Le Cahier de recherche intitulé L’exportation d’eau douce pour le développement de l’or bleu québécois a été préparé par Marcel Boyer, vice-président et économiste en chef de l’IEDM, professeur titulaire de la Chaire Bell Canada en économie industrielle de l’Université de Montréal et Fellow du CIRANO.

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Renseignements et demandes d’entrevues: André Valiquette, Directeur des communications, Institut économique de Montréal, Tél.: (514) 273-0969 p. 2225 / Cell.: (514) 574-0969 / Courriel: avaliquette (@iedm.org)


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