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Déjà largement subventionnée – Une réorganisation de l’industrie porcine québécoise s’impose

Montréal, 14 mars 2007 - Le gouvernement ne devrait pas accroître l’aide publique à l’industrie porcine mais plutôt l’encourager à se réorganiser afin d’augmenter sa productivité. Dans une Note économique de l’IEDM, le chercheur associé Éric Grenon affirme que «cette réforme est nécessaire compte tenu des coûts élevés et récurrents pour les contribuables de l’aide distribuée et des défaillances des modèles d’assistance utilisés».

Une industrie en crise

Depuis plusieurs mois, les déboires de l’industrie porcine québécoise font les manchettes. Plusieurs causes sont évoquées pour expliquer cette crise, notamment la hausse du dollar canadien, les cycles dans l’industrie, le taux élevé de maladie, le manque de compétitivité des abattoirs, les normes environnementales, etc. Dans un contexte de concurrence mondiale accrue et du processus d’intégration des marchés de l’industrie porcine en Amérique du Nord, la production, l’abattage et la transformation des produits du porc au Québec sont menacés, notamment par l’industrie américaine qui a su profiter des vingt dernières années pour se consolider et se restructurer.

La Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, qui vient de commencer une tournée de consultation, devrait se questionner sur l’efficacité des interventions publiques actuellement mises en place pour soutenir et protéger le revenu agricole. Cette Commission pourrait s’interroger sur le bien-fondé de maintenir l’Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). Avec des subventions deux fois plus élevées qu’en Ontario, le Québec compte parmi les provinces qui subventionnent le plus leur secteur agricole et agroalimentaire.

Le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA)

Ce programme vise à garantir un revenu annuel net positif aux entreprises agricoles du Québec. L’ASRA, considérée comme un pilier du modèle québécois en agriculture, a été instaurée en 1978 comme police d’assurance contre les risques du marché. L’industrie porcine reçoit aussi un soutien financier substantiel des gouvernements. Pour l’ensemble de la période qui va de 1978 à 2006, la compensation totale versée via l’ASRA au secteur porcin se chiffre à 1,84 milliard $. Au cours des dix dernières années, les subventions se sont élevées en moyenne à 96 millions $ par année. Pendant les 29 années d’existence du programme, il n’y a eu que huit années sans subvention à l’industrie porcine.

Les faiblesses de l’ASRA

Les difficultés de l’industrie s’expliquent davantage par des facteurs structurels que conjoncturels. En effet, l’ASRA contribue à fragiliser ce secteur en empêchant son adaptation aux réalités du marché. Son mécanisme d’assurance garantit à chaque producteur porcin qu’il sera compensé pour la différence entre des coûts de production, calculés à partir d’un modèle théorique, et le prix du marché. Les producteurs sont ainsi moins incités à réduire leurs coûts de production, à tenir compte des signaux du marché et à rester concurrentiels sur le marché intérieur et d’exportation. Ce programme nuit à la recherche de la productivité et de l’efficience, ce qui contribue à ce que les coûts de production demeurent élevés par rapport aux concurrents. Il freine notamment la consolidation de l’industrie en maintenant des fermes non rentables puisque la viabilité et la performance de l’entreprise ne font pas partie des critères d’admissibilité aux principaux programmes.

Une autre faiblesse de l’ASRA est qu’elle calcule les compensations totales qui sont versées à partir d’un modèle théorique de ferme spécialisée. Dès les années 1990, le vérificateur général du Québec a remis en cause l’efficacité et la performance des programmes basés sur une telle estimation des coûts de production. Il a démontré que les contribuables verseraient en trop des millions de dollars aux producteurs à cause de ces modèles. Il a également contesté la mise à jour et la représentativité des modèles de ferme type spécialisée.

Les défis de l’industrie porcine

La compétitivité de l’industrie porcine québécoise est fragile et menacée par l’accroissement de la concurrence à l’échelle mondiale, que ce soit en provenance de compétiteurs traditionnels comme les États-Unis ou de pays émergents comme le Brésil. L’ASRA présente plusieurs lacunes importantes qui ne permettent pas de jeter les bases d’une industrie porcine capable d’être profitable de façon stable et réellement concurrentielle à long terme sur les marchés étrangers.

La Note économique Le Programme d’assurance stabilisation et la crise de l’industrie porcine a été préparée par l’économiste Éric Grenon, M.Sc., MBA, consultant indépendant et chercheur associé à l’IEDM. La Note est disponible sur le site de l’Institut.

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Renseignements et demandes d’entrevues: André Valiquette, Directeur des communications, Institut économique de Montréal, Tél.: 514 273-0969 / Cell.: 514 574-0969 / Courriel: avaliquette@iedm.org


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