Textes d'opinion

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juin 2, 2011

2 juin 2011

La guerre des mots

Le Journal de Montréal, p. 23

Il y a déjà plus de 2 000 ans que le célèbre philosophe grec Platon écrivait que « La perversion de la cité commence par la fraude des mots ». Plus récemment, Albert Camus déclarait que « Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde ». À une époque où les hostilités entre la « gauche » et la « droite » ont été clairement déclenchées, cette citation est plus pertinente que jamais. Et si le mauvais usage des termes avait fait dérailler le débat?

La gauche, que l'on dit progressiste, réclame la redistribution des richesses, l'égalité sociale, la tolérance des différences et la solidarité. La droite, que l'on qualifie de conservatrice, est associée à la défense des intérêts économiques privés, à l'intolérance et aux respects des traditions. Par exemple, sur une question d'ordre social, comme le mariage gai ou l'avortement, la gauche demande que l'État intervienne pour les autoriser, tandis que la droite voudra une législation pour les inter-dire. Sur les questions d'ordre économique, comme la fiscalité ou les échanges internationaux, la gauche voudra des privilèges pour certains groupes. La droite... idem!

L'étatisme

Les idéologies de gauche et de droite ne visent peut-être pas les mêmes objectifs, mais elles empruntent le même moyen, soit l'étatisme. L'une comme l'autre est convaincue de sa supériorité morale et veut utiliser le bras de l'État pour intervenir dans l'économie et dans la vie des individus, afin d'imposer, par la force, sa vision du monde et son projet sociétal.

Or, qu'il soit de gauche ou de droite, l'étatisme est toujours synonyme de coercition et de réduction des libertés. Dans certains cas, l'érosion des libertés a été graduelle et pacifique. Dans d'autres, elle a été rapide et meurtrière, comme dans le cas du communisme et du nazisme.

Comme il existe des étatistes de gauche aussi bien que de droite, cette dichotomie est maintenant anachronique, stérile et vide de sens. Il importe donc de redéfinir le débat pour ce qu'il est réellement, soit une antinomie entre l'étatisme et le respect des libertés individuelles ou le libertarianisme. À défaut d'utiliser les termes appropriés, les efforts déployés pour y voir plus clair resteront vains.

Nathalie Elgrably-Lévy est économiste senior à l'Institut économique de Montréal.

L’IEDM dans les médias

Écart entre les riches et les pauvres
Entrevue avec Yanick Labrie, économiste à l'IEDM, diffusée le 1er mai sur les ondes de V Télé.

Résister au chaos
Chronique de Nathalie Elgrably-Lévy, économiste senior à l'IEDM, publiée dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec le 17 mai.

Produite par The World Show en partenariat avec l'IEDM, cette série télé présente des penseurs et des militants qui défendent l'économie de marché et qui comptent parmi les plus dynamiques et influents du Canada et des États-Unis.

Prochain épisode : Lawrence Reed, président de la Foundation for Economic Education (FEE)
Diffusion sur WCFE Mountain Lake PBS : jeudi le 17 mai à 22h30 et dimanche le 20 mai à 9h30

Capsules économiques

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L’OCDE publie un indice évaluant l’ouverture économique des pays aux investisseurs étrangers. Dans un...

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