Textes d'opinion

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septembre 9, 2010

9 septembre 2010

Il y a pire que le réchauffement

Métro Montréal, p. 21

Devons-nous dépenser des milliards de dollars pour contrer le réchauffement climatique? Ou devons-ous plutôt utiliser cet argent pour aider des millions d’enfants qui souffrent de malnutrition, de la malaria ou du sida?

C’est la question que pose depuis plusieurs années le professeur danois Bjørn Lomborg. Et comme s’ouvre dimanche à Montréal le Congrès mondial de l’énergie – dont le thème est Agir maintenant sur les enjeux planétaires –, voilà une belle occasion d’y réfléchir.

Lomborg établit deux constats: d’abord, le réchauffement climatique existe. Mais les médias en sont obsédés, et négligent les autres tragédies qui sévissent sur la planète. Ensuite, la plupart des solutions proposées pour contrer le réchauffement sont inefficaces – elles nous coûteront très cher, pour peu de résultats.

Prenez le protocole de Kyoto. Il coûterait environ 150 G$ par année aux pays signataires. C’est presque trois fois l’aide au développement qu’on donne aux pays pauvres chaque année, me dit Lomborg par courriel. Et pour quoi? «Pour repousser d’environ six ans les effets du réchauffement climatique, en 2100. Le pauvre type du Bangladesh se fera inonder en 2106 au lieu d’en 2100. C’est bien, mais c’est peu.»

En comparaison, pour la moitié du coût (75 G$ par année), on peut offrir de l’eau potable, des services sanitaires, des services de santé de base et une éducation à chaque humain sur la planète, selon l’ONU. «La moitié de la population mondiale manque de vitamine A, de fer et de zinc dans leur alimentation. Pour 12 G$ par année, on peut améliorer la vie de milliards d’individus, et ce, dès demain matin.»

Sur Terre, les problèmes abondent. Huit cents millions d’humains meurent de faim. Un milliard manquent d’accès à une eau potable propre. Deux milliards vivent sans installations sanitaires dans leur logement. On enterre deux millions de sidéens chaque année. Et 900 millions d’adultes ne savent ni lire ni écrire, rappelle Lomborg.

Nous devons contrer le réchauffement climati­que, dit le professeur. Mais faisons-le de façon intelligente. (Dans son nouveau livre, il propose de créer un fonds de 100 G$ pour financer la recherche et le développement d’énergies «propres».) Car en l’absence de solutions efficaces et éprouvées, mieux vaut dépenser nos ressources (qui sont, rappelons-le, limitées et proviennent de vos poches de contribuables) sur des projets concrets, qui peuvent sauver des vies dès maintenant.

Dans ce monde où les médias sensationnalistes en mènent large, Lomborg nous invite à relativiser les problèmes de la Terre, et à établir nos priorités. Car s’il est vrai que des millions de gens souffriront dans 100 ans, des milliards agonisent pendant que vous lisez ces lignes.

David Descôteaux est chercheur associé à l'Institut économique de Montréal.

L’IEDM dans les médias

Écart entre les riches et les pauvres
Entrevue avec Yanick Labrie, économiste à l'IEDM, diffusée le 1er mai sur les ondes de V Télé.

Résister au chaos
Chronique de Nathalie Elgrably-Lévy, économiste senior à l'IEDM, publiée dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec le 17 mai.

Produite par The World Show en partenariat avec l'IEDM, cette série télé présente des penseurs et des militants qui défendent l'économie de marché et qui comptent parmi les plus dynamiques et influents du Canada et des États-Unis.

Prochain épisode : Lawrence Reed, président de la Foundation for Economic Education (FEE)
Diffusion sur WCFE Mountain Lake PBS : jeudi le 17 mai à 22h30 et dimanche le 20 mai à 9h30

Capsules économiques

1,3% |

Taux de croissance moyen du nombre d’emplois (1976-2011). (Source: Institut de la statistique du Québec)

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