Textes d'opinion

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juin 3, 2010

3 juin 2010

Keynes est mort, enterrons-le!

Métro Montréal, p. 14

Keynes qui? Peu importe. Ce que vous devez savoir, c’est que les théories de ce défunt économiste nous entraînent tranquillement vers la dépression.

Si le gouvernement gaspille vos impôts et s’endette pour «relancer» l’économie, c’est sa faute. Sa théorie? Le gouvernement doit agir comme assurance. Il accumule des surplus dans les bonnes années et dépense quand l’économie ralentit – afin de remplacer les dépenses des consommateurs.

En théorie, ça tient. Mais dès qu’on quitte le merveilleux monde de Walt Disney, ça s’effondre. Dans la réalité, les politiciens sont keynésiens quand ça leur plaît. Ils dépensent quand ça va mal… mais dépensent aussi quand ça va bien! Des surplus? Vous voulez rire. On s’endette année après année.

Surtout, les prescriptions de Keynes sont à l’opposé de ce dont l’économie a besoin aujourd’hui. L’économie piétine parce que les citoyens ont accumulé trop de dettes. Ils doivent dépenser moins, et épargner. Que propose Keynes? De guérir notre problème d’endettement… en dépensant encore plus!

C’est insensé. Et c’est ce qu’on fait depuis les années 1970. Nous avons épousé le crédit comme mode de vie. À chaque récession, au lieu d’être responsables, de réduire leurs dépenses et de déchirer leur carte de crédit, les citoyens voient leurs gouvernements bienveillants leur en offrir une deuxième. Et leur dire: allez magasiner!

Exemple: depuis la crise, la Banque du Canada diminue les taux d’intérêt afin de vous inciter à acheter des maisons, des télés 50 pouces et des autos, à crédit. Conséquence: le Canadien moyen traîne aujourd’hui une dette de 42 000 $. Presque trois fois la dette qu’il avait en 1990.

Les gouvernements aussi creusent leurs tombe avec cette philosophie. Certains États – on le voit aujourd’hui en Europe – risquent la faillite. Puisque citoyens et banques augmentent constamment leur dette (au lieu de la réduire), chaque nouvelle récession exige des «plans de relance» plus gros pour repartir la machine. L’économie, comme accro à l’héroïne, a besoin de toujours plus de crédit pour atteindre le même high. Dans son livre The Great Reflation, Anthony Boeckh calcule qu’entre 2002 et 2008, il a fallu 10 billions $ de crédit (10 000 milliards) pour générer 4 billions $ de croissance économique. Nous repoussons chaque fois les limites de l’endettement. Jusqu’où pouvons-nous étirer l’élastique?

Pour rebâtir une économie solide, nous devons purger la dette du système – au lieu d’en empiler davantage et de prétendre que tout va bien. Cela exigera des sacrifices, de la douleur, et une récession. Une vraie. Le monde de Walt Disney est merveilleux. Mais plus longtemps nous y demeurons, plus violente sera la prochaine crise. Enterrons Keynes une fois pour toutes. Avant qu’il nous enterre tous.

David Descôteaux est chercheur à l'Institut économique de Montréal.

L’IEDM dans les médias

Écart entre les riches et les pauvres
Entrevue avec Yanick Labrie, économiste à l'IEDM, diffusée le 1er mai sur les ondes de V Télé.

Apprendre par l'exemple
Chronique de Nathalie Elgrably-Lévy, économiste senior à l'IEDM, publiée dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec le 10 mai.

Produite par The World Show en partenariat avec l'IEDM, cette série télé présente des penseurs et des militants qui défendent l'économie de marché et qui comptent parmi les plus dynamiques et influents du Canada et des États-Unis.

Prochain épisode : Lawrence Reed, président de la Foundation for Economic Education (FEE)
Diffusion sur WCFE Mountain Lake PBS : jeudi le 17 mai à 22h30 et dimanche le 20 mai à 9h30

Capsules économiques

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