Textes d'opinion

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août 6, 2008

6 août 2008

Des hausses trop modestes

La Presse, p. A-16

Hydro-Québec Distribution (HQD) demande pour 2009 une augmentation de 2,2% de ses tarifs. Encore une fois, cette demande minimaliste s'inscrit dans une politique de bas prix qui appauvrit le Québec.

Divers groupes se font complices de cette politique. Certains s'autodéclarent protecteurs des ménages à faibles revenus. Grands bénéficiaires des bas prix, les consommateurs nantis se font discrets. Voulant maintenir leur «avantage concurrentiel», les entreprises y souscrivent. Nos politiciens sont heureux de coopérer, s'appropriant ainsi les bénéfices électoraux faciles d'une politique de bas prix.

La vraie valeur de notre électricité, ce n'est pas son coût de production, particulièrement faible grâce à un patrimoine naturel exceptionnellement favorable, mais la valeur à laquelle on renonce comme citoyens quand nous la consommons. Cette valeur est égale au prix concurrentiel maximal auquel l'électricité peut être exportée. Le maintien du prix de l'électricité à un prix inférieur à cette valeur appauvrit le Québec en favorisant une mauvaise affectation des ressources et des investissements, trompant les citoyens, freinant l'innovation. On entend souvent: «Toute la population profite des bas prix.» Rien n'est plus faux. La situation actuelle représente une subvention inefficace aux grands consommateurs individuels et corporatifs d'électricité et un transfert régressif des plus pauvres vers les plus riches.

Le potentiel énergétique du Québec est phénoménal en ressources naturelles, compétences et marchés. Mais sa population subit la mainmise inconsciente sur ses ressources énergétiques d'une coalition bien intentionnée mais mal informée d'élus, de gens d'affaires, de syndicalistes et de groupes soi-disant défenseurs des consommateurs. Il s'ensuit un développement des ressources énergétiques mal orienté: les prix sont manipulés au profit de certains groupes et les bénéfices potentiels d'une exploitation socialement optimale sont dilapidés.

Pour un développement durable

Tout cela se traduit par une dette et des impôts inutilement élevés, une détérioration des infrastructures et des services sociaux et une création d'emploi anémique. Ce faisant, on nuit au développement durable et, comble de l'ironie, on doit financer à même nos impôts des programmes de conservation énergétique! On oublie le mécanisme de conservation le moins coûteux, le plus efficace et le plus équitable socialement: le bon prix.

Si l'augmentation du prix de l'électricité affecte trop durement les ménages à faibles revenus, alors le gouvernement pourrait utiliser les mécanismes appropriés dont il dispose déjà pour les protéger adéquatement de cet impact. Ce n'est pas là le rôle de HQD.

Les Québécois devraient exiger la mise sur pied de véritables politiques de création de richesse collective et se donner les institutions et mécanismes nécessaires pour les implanter. Quatre changements importants s'imposent: revoir le pacte social sous-jacent à la Loi sur la Régie de l'énergie et l'orienter sur la valorisation de nos ressources plutôt que sur leur vente à rabais; remplacer la langue de bois actuelle par des analyses transparentes et indépendantes des vrais coûts et bénéfices de la politique énergétique du Québec; laisser le prix de l'électricité augmenter à sa valeur de renonciation; favoriser un développement énergétique maximal (électricité, gaz naturel, pétrole, éolien) dans le respect des règles normales de sécurité, de protection environnementale et de rentabilité.

Marcel Boyer est vice-président et économiste en chef à l'Institut économique de Montréal et titulaire de la Chaire Bell Canada en économie industrielle de l'Université de Montréal.

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