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Textes d'opinion

19 avril 2007avril 19, 2007

La Terre se réchauffe, restons calme

Le Journal de Montréal, p. 28

La Terre se réchauffe, restons calme

J'ai consacré mes deux dernières chroniques au débat autour de la responsabilité de l'homme dans le réchauffement climatique. Mais que l'homme soit à l'origine du problème ou non, le fait est que la planète se réchauffe.

En raison du réchauffement, on nous prédit de grandes catastrophes comme la hausse des cas de malaria, l'augmentation de la pauvreté, le manque d'eau potable, etc. Le protocole de Kyoto est alors présenté comme étant la panacée qui sauvera l'humanité. Mais les pays devront débourser annuellement environ165 milliards $US pour s'y conformer.

La vie n'a pas de prix, certes, mais il y a quelque chose de profondément hypocrite dans cette obsession à respecter Kyoto. Les Verts nous demandent de consacrer des centaines de milliards pour prévenir des problèmes qui pourraient éventuellement se présenter dans 25 ou 50 ans, mais ils semblent oublier que la malaria, la pauvreté et le manque d'eau sont des problèmes actuels. Des centaines de millions de personnes vivent aujourd'hui dans des conditions pires que celles qu'engendrerait le réchauffement climatique. Le temps de lire cette chronique, des dizaines de personnes seront mortes à cause de la pauvreté.

Comment peut-on déclarer que le réchauffement climatique est la préoccupation éthique #1 quand des populations entières meurent de faim? Ne devrions-nous pas commencer par nous préoccuper des pauvres d'aujourd'hui avant de consacrer des milliards pour résoudre des problèmes hypothétiques? Comment expliquer à un enfant du Tiers-monde qu'il n'arrivera jamais à l'âge adulte parce que nous avons investi des sommes considérables pour les générations futures? N'est-il pas hypocrite de sacrifier des vies humaines au nom d'enfants qui ne sont pas encore nés?

Pourtant, 5 milliards $US, soit l'équivalent de 3% du budget de Kyoto, suffiraient à aider les pays pauvres à améliorer leur secteur agricole et, par conséquent, à réduire de 50 % le nombre de victimes de la faim. De plus, un investissement d'à peine 1,5 milliard $US par an, soit 1% du budget de Kyoto, permettrait de réduire de 50% le nombre de décès causés par la malaria. Kyoto diminuerait de 1% la population vivant sans eau potable alors qu'il suffirait de quelques réformes institutionnelles pour accroître de 50% le volume d'eau potable destiné aux usages domestiques.

Nous voulons tous améliorer le sort du monde, c'est évident. Les Verts ne possèdent ni le monopole de la bonté ni celui de la conscience morale. Kyoto est pavé de bonnes intentions, mais en avons-nous vraiment pour notre argent? On nous dit de respecter Kyoto, mais Kyoto respecte-t-il notre sens des priorités?

Des réserves s'imposent

Quant aux prédictions apocalyptiques, quelques réserves s'imposent. D'une part, seuls les pires scénarios nous sont rapportés. Le professeur Richard Tol, un environnementaliste de renommée internationale dont les travaux ont alimenté le rapport du GIEC, est le premier à affirmer que Nicholas Stern n'a présenté que les pires éventualités et qu'il a ignoré d'autres prédictions moins catastrophiques et plus plausibles.

D'autre part, les modèles des alarmistes ne peuvent être fiables, car ils font fi de l'immense capacité d'adaptation de l'être humain. Ils supposent implicitement que l'homme est une créature passive et schizophrène qui ne peut qu'être victime des changements environnementaux. Or, l'histoire de l'humanité nous prouve le contraire. Le génie humain nous a permis de nous adapter et de traverser les millénaires. Nous avons transformé des déserts en oasis luxuriantes, nous avons dominé des rivages incertains, construit des édifices antisismiques et conquit l'espace. Nous disposons aujourd'hui de moyens inimaginables il y a un siècle. Qui sait ce que le génie humain produira dans l'avenir? La Terre se réchauffe…gardons notre sang-froid!

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.


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