Textes d'opinion

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mai 17, 2006

17 mai 2006

Le commerce équitable

Le Journal de Montréal, p. 24

La Quinzaine du commerce équitable vient de prendre fin. Comme chaque année, cet événement tente de convaincre les consommateurs du bien-fondé de garantir aux artisans et aux agriculteurs du tiers-monde un «juste» prix pour leur travail. Aux dires de ses partisans, le commerce équitable serait une solution à la pauvreté.

Or, «commerce équitable» n'est qu'un slogan racoleur qui permet aux consommateurs occidentaux de s'acheter une bonne conscience en déboursant quelques sous de plus pour leur café ou leur chocolat. En réalité, ce concept est une combinaison de commerce et de charité qui freine le développement des pays pauvres au lieu de l'accélérer.

Quand on protège un producteur non compétitif, celui-ci ressent moins le besoin d'améliorer sa productivité et perpétue des méthodes de production inefficaces qui l'empêcheront toujours de rivaliser sur le marché mondial. Or, en payant artificiellement plus cher pour quelques produits dits équitables, nous incitons les producteurs à entretenir des cultures et des modes de production peu rentables. Le commerce équitable est l'équivalent d'une subvention qui protège contre la concurrence et qui incite à persévérer dans un secteur non rentable au lieu de se diriger vers des cultures ou d'autres activités plus profitables.

À la merci des consommateurs

Si la charité est indispensable pour aider des populations en cas de catastrophes, elle ne permet pas de bâtir une économie durable. Quand on constate que les milliards de dollars alloués à l'aide au développement chaque année n'ont pas permis de sortir les pays pauvres de la misère, comment pouvons-nous espérer régler le sort du monde avec le commerce équitable?

Non seulement ne permet-il pas d'éradiquer la pauvreté à long terme, mais il rend certains producteurs tributaires de la bonne volonté des consommateurs occidentaux de payer plus cher pour quelques denrées. Or, il est illusoire de penser que l'on aide ces producteurs en les rendant dépendants de l'altruisme et de la générosité de leurs clients. Ne serait-il pas préférable qu'ils apprennent à produire des biens que nous voudrions acheter sans qu'il soit nécessaire de faire appel à notre bonté?

Le commerce équitable est inutile, si ce n'est pour apaiser la conscience de quelques «solidaires» en mal d'une bonne action.

Le commerce libre

Pour réellement aider les pays du Sud, il faudrait d'abord cesser d'être hypocrites: si on se souciait vraiment de leur bien-être, on ne leur imposerait pas d'importantes barrières protectionnistes et on leur ouvrirait tout grand nos marchés. La seule aide véritable consisterait à abolir tous nos tarifs douaniers sur les produits en provenance du tiers-monde. Il faudrait également mettre un terme aux subventions versées à nos agriculteurs pour que ceux des pays pauvres soient en mesure de nous vendre leurs produits. Ce dont le tiers-monde a besoin, ce n'est pas d'un commerce «équitable», mais d'un commerce libre!

Des pays comme Taïwan, Hong Kong, Singapour, et la Corée du Sud étaient parmi les pays les plus pauvres du globe il y une cinquantaine d'années. Aujourd'hui, ils font partie des pays les plus riches. L'Inde et la Chine connaissent également une croissance spectaculaire. Ce n'est pas parce que nous avons payé quelques sous de plus pour une poignée de biens qu'ils nous vendent, mais parce que nous leur avons ouvert nos frontières et qu'ils se sont spécialisés dans les activités qui sont les plus rentables pour eux.

Si des pays sont aujourd'hui dans la misère, ce n'est pas parce que le commerce est inéquitable, mais parce qu'il est inexistant! Les pays qui ont vécu un miracle économique l'ont prouvé: le plus équitable de tous les commerces, c'est le commerce libre.

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

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