Textes d'opinion

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avril 20, 2002

20 avril 2002

Éloge de la productivité

Les Affaires, p. 10

L’un des mythes économiques les plus répandus est que tout coûte toujours de plus en plus cher. Combien de fois a-t-on entendu que le nombre de pauvres croît, que la classe moyenne disparaît, parce que les prix augmentent et qu’il devient impossible d’acheter quoi que ce soit? En fait, c’est exactement le contraire qui est vrai.

Jusqu’au début du XXe siècle, sous le régime monétaire de l’étalon-or qui permettait de garder une masse monétaire relativement stable, les prix baissaient constamment dans les pays capitalistes d’Occident. Ces économies connaissaient d’extraordinaires gains de productivité, engendrés par la mécanisation et la production de masse depuis la révolution industrielle. Comme on le sait, plus l’offre d’un bien est abondante, plus son prix tend à baisser. Lorsque nous pouvons produire plus pour chaque heure de travail que nous accomplissons, le prix réel des biens et services que nous produisons tend à diminuer, ou, ce qui revient au même, nous devons travailler moins longtemps pour pouvoir se les payer.

De nos jours, on peut constater le même phénomène dans les secteurs où l’innovation est extrêmement rapide, comme l’électronique. Les ordinateurs deviennent de plus en plus performants et leurs prix continuent pourtant de baisser. Un travailleur moyen devait trimer 174 heures – environ un mois – en 1971 pour se payer un téléviseur couleur de 19 pouces. Aujourd’hui, deux jours de travail lui suffiront pour acheter un téléviseur de même format, mais d’une qualité de beaucoup supérieure.

Le système monétaire a changé. Les banques centrales augmentent constamment la quantité de monnaie-papier et l’inflation est devenue une constante dans nos économies modernes. Mais les gains de productivité continuent tout de même à avoir leur effet bénéfique. Ainsi, même si les prix de la plupart des biens et services augmentent sans cesse en dollars courants, ils diminuent en dollars constants. Les salaires augmentent plus vite que les prix en proportion exacte de la hausse de la productivité du travail.

Par exemple, le coût réel des cuisinières a diminué de 80% entre 1970 et 1997 et celui des laveuses à vaisselle de 60%, celui des sécheuses de 54% et celui des réfrigérateurs de 40%, pour ne nommer que quelques articles (Cox et Alm, Myths of Rich & Poor, 1999). Alors que ces appareils étaient des produits de luxe il y a plusieurs décennies, ils sont maintenant à la portée de presque tout le monde.

Non seulement avons-nous un choix de denrées qui était inimaginable il y a 50 ans, mais la nourriture coûte beaucoup moins cher. Il fallait par exemple travailler en moyenne 2 h 40 en 1900 pour se payer un poulet de trois livres; 1 h 11 en 1950; et à peine 14 minutes aujourd’hui. En fait, c’est le cas pour pratiquement tous les aliments que nous consommons.

Il y a un siècle, près de la moitié de la population travaillait encore dans les fermes, alors qu’aujourd’hui environ seulement 2% de la population le fait toujours. La raison en est que chaque travailleur agricole produit infiniment plus, grâce aux méthodes modernes. Bref, en permettant une organisation plus efficace de la production et une augmentation constante de la productivité, le capitalisme fait baisser les prix. Et cette baisse est la source principale de l’augmentation constante de notre niveau de vie. Voilà pourquoi il faut éviter d’instaurer un fardeau réglementaire ou fiscal qui soit nuisible à la productivité.


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Écart entre les riches et les pauvres
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Apprendre par l'exemple
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Produite par The World Show en partenariat avec l'IEDM, cette série télé présente des penseurs et des militants qui défendent l'économie de marché et qui comptent parmi les plus dynamiques et influents du Canada et des États-Unis.

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