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27 April 2017April 27, 2017

Parents bénévoles : pour plus d’initiatives citoyennes

www.journaldemontreal.com/blogues, p. Web

Parents bénévoles : pour plus d’initiatives citoyennes

Quand le gouvernement prend de mauvaises décisions, nous n’hésitons pas à le dire. Mais quand il fait des bons coups, il faut aussi le souligner.

C’est le cas cette semaine. Les parents et autres bénévoles ne se feront plus interdire de repeindre leur école ou un hôpital par la Commission de la construction du Québec (CCQ) dès cet été, selon un projet de règlement rendu public mardi. 

Enfin!

On se souviendra de cette histoire où des parents bénévoles, en Montérégie, ont été obligés de stopper leur projet de repeindre les murs de leur école. À la suite d’une plainte, la CCQ s’était présentée à l’école et avait arrêté les travaux, exigeant des parents qu’ils engagent un entrepreneur pour les finir.

Nos élus ont enfin vu la lumière. Dorénavant, les gens qui souhaitent donner de leur temps pour de l’entretien ou de la rénovation dans les bâtiments publics pourront faire certains travaux comme la pose de gypse, l’installation de comptoirs et le sablage et le vernissage de planchers. Pour ce qui est de la plomberie et de l’électricité par contre, le travail pourra être bénévole, mais celui qui l’exécutera devra détenir un certificat de compétence.

Encore mieux : dans les entreprises de moins de 10 salariés ainsi que dans les duplex ou triplex, les travaux d’entretien et de réparation seront soustraits à la réglementation existante. Si un entrepreneur qui vient d’emménager dans son nouveau local, par exemple, veut rafraîchir un mur, changer une fenêtre ou refaire des moulures, il pourra le faire lui-même sans avoir à payer un travailleur de la construction certifié qui coûte les yeux de la tête.

Certains d’entre vous n’étaient probablement même pas au courant qu’une telle réglementation existait. Et oui, imaginez-vous qu’une coiffeuse qui s’installait dans un nouveau local, ou un jeune entrepreneur en informatique qui ouvrait sa boutique, ne pouvait même pas repeindre lui-même les murs du nouveau local, sous peine de se faire imposer une lourde amende par la CCQ.

Sans surprise, la FTQ-Construction exprime son désaccord avec ce projet de règlement, puisqu’il privera ses membres de quelques heures de travail.

Toute cette histoire est le résultat de la loi R-20, qui régit l’industrie de la construction au Québec (excepté la rénovation résidentielle). Pour exécuter des travaux au Québec, un employeur ne peut embaucher que des salariés qui détiennent le certificat de compétence dans chacun des métiers (une trentaine).

Or, non seulement cette loi est appliquée avec trop de zèle, comme on l’a vu cette semaine, mais elle nous coûte également cher. Le cloisonnement des métiers sous la Loi R-20, qui requiert l’intervention d’un nombre excessif de corps de métiers sur un chantier, augmente les coûts et les délais de réalisation d’une école ou un hôpital, par exemple, aux frais des contribuables. 

C’est pourquoi la décision d’assouplir ces règles pour les parents bénévoles est une bonne nouvelle. Mais il faudrait aller encore plus loin et assouplir davantage la réglementation qui encadre l’industrie de la construction.

Mais pour l’instant, il s’agit d’un développement positif. Et pas seulement parce que des écoles auront une nouvelle couche de peinture ou que des petits commerçants pourront économiser des sous. Cela ouvre aussi la porte à l’implication des parents dans leurs écoles de quartier et au développement d’une certaine solidarité et d’un sens de la communauté chez nos citoyens.

Dans le contexte actuel où l’État se mêle d’à peu près tout, plus d’initiatives citoyennes et communautaires sont certainement bienvenues.

Germain Belzile is a Senior Associate Researcher, Current Affairs at the MEI. The views reflected in this op-ed are his own.


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