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3 October 2016October 3, 2016

La tête du Capitaine Crunch est mise à prix

www.journaldemontreal.com/blogues, p. Web

La tête du Capitaine Crunch est mise à prix

Le Sénat étudie présentement une loi qui, si elle est adoptée, ferait disparaître du paysage Tony le tigre, Capitaine Crunch et Ronald MacDonald. Quand vous ferez votre épicerie, ce sera comme si vous étiez dans un abri nucléaire. Sur une tablette, vous trouverez une boîte toute brune avec « céréales » écrit au milieu. Elle-même à côté d’une autre boîte brune sur laquelle il sera écrit « biscuits ». En face, un pot au même couleur écrit « beurre d’arachide ».

J’exagère? Si on se fie à ce qui arrive avec l’emballage neutre des paquets de cigarettes, pas tant que ça. Espérons juste que le projet de loi ne prévoit pas, lui, de mettre des photos de dents cariées ou des bourrelets de gras sur la boîte de céréales pour nous dissuader d’en manger. Il faut savoir que le projet de loi présenté par une sénatrice vise à encadrer tout le marketing des boissons et aliments destinés aux enfants de 13 ans et moins. Quand on dit « tout », on parle de l’emballage et des mascottes associées à ces produits.

Mais dites-moi : qu’est-ce qui va arriver à ceux qui veulent manger des Frosted flakes et qui ont plus de 13 ans? Est-ce qu’il va y avoir des rangées à l’épicerie pour adulte seulement, avec des « vraies » Frosted flakes et le visage de Tony le tigre sur les boîtes? Est-ce qu’éventuellement on va s’attaquer à toutes les mascottes, comme Youpi, qui incite (selon la logique de la sénatrice) les jeunes à consommer de la barbe à papa durant les parties du Canadiens de Montréal?

On rit, mais ce n’est pas drôle. C’est même très sérieux – et dangereux –, cette « pente glissante » où se trouvent nos politiciens qui pensent savoir mieux que nous ce qui est bon pour nous et nos enfants.

De plus en plus d’entreprises se sentent visées par ce genre de réglementation. L’entreprise Mars, entre autres, avait manifesté en 2014 son inquiétude lorsque le gouvernement du Royaume-Uni avait mis en vigueur des mesures sur l’emballage neutre des paquets de cigarettes. Après tout, si les politiciens s’attaquent aux fabricants de cigarettes, qu’est-ce qui les empêchera de s’attaquer ensuite aux aliments sucrés au nom de la « santé publique », pensait-on à l’époque.  Certains ont vu juste alors que d’autres ont préféré se cacher la tête dans le sable.

Gardons en tête que ce genre de politique a des conséquences importantes sur les plans économique et légal. L’emballage neutre est une attaque directe envers les marques de commerce. Cette politique vise les droits élémentaires des entreprises, incluant leur propriété intellectuelle, et ce, sans aucune compensation financière. Les marques de commerce sont également un élément fondamental d’une économie de marché, qu’on ne peut éliminer d’un trait de plume. Mais peut-être que la sénatrice préfère une économie planifiée, sans couleur, sans différence et sans imagination.

Sans parler, évidemment, de l’érosion de nos libertés autant comme entrepreneurs que comme consommateurs, et surtout, de nos responsabilités individuelles.  

L’ironie c’est que la sénatrice, ancienne championne de ski alpin, a déjà été porte-parole de l’entreprise Mars dans une publicité où elle vantait les mérites du produit.

En attendant, si vous voulez sauver le Capitaine Crunch... 

Jasmin Guénette is Vice President of the Montreal Economic Institute. The views reflected in this op-ed are his own.


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